Femen lied to me

Analysis of “Ukraine Is Not a Brothel” documentary

Bonjour à toutes mes chattes et mes petits minous, ça faisait un bail dit ! 😉

Aujourd’hui, je prends mon clavier pour écrire sur un sujet un peu plus sérieux et moins personnel qu’à mon habitude. Aujourd’hui, je vais parler de ce qui m’a interpellé et emmené vers une réflexion assez dense je dois dire. Réflexion que j’aimerais partager et débattre avec vous à cet instant.

Il y a quelques jours, j’ai regardé un documentaire sur Netflix : « Ukraine Is Not a Brothel », réalisé par Kitty Green en 2013. Vous l’auriez deviné, un documentaire sur le groupe féministe mythique : Femen.

—> Petit remake pour celles et ceux qui sont déconnectés de la planète Terre et qui n’en n’ont jamais entendu parler : Femen est un groupe féministe radicale, d’origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Anna Hutsol, Oksana Chatchko et Alexandra Chevtchenko. Il est actuellement représenté dans 8 pays notamment par la célèbre Inna Shevchenko. Elles organisent de nombreuses actions militantes, seins nus, avec des slogans écrits sur leur corps et des couronnes de fleurs sur la tête. Leur combat est engagé vers lune victoire complète sur le patriarcat.

A vrai dire, j’y partais peu enthousiaste. J’ai étudié le mouvement Femen pendant un nombre de mois assez conséquent, notamment quand j’étais à l’école des beaux-arts, je ne pensais donc pas avoir grand chose à apprendre de plus là leur propos. Je pensais avoir fait le tour. Et puis ce n’est pas non plus comme si je m’y retrouvais vraiment dans leurs manifestations féministes très (trop ?) radicales, pointant leurs seins parfaits et nus partout où ils leurs plaisaient d’aller en hurlant en anglais ou ukrainien des choses auxquelles je ne comprenais pas toujours grand chose et qui n’avaient pas forcément de sens à mes oreilles.

Peu importe, je m’y suis lancée.

Les premières minutes sont assez ordinaires. On y apprend que le féminisme n’existe quasiment pas en Ukraine, que certaines d’entre elles ont déjà été arrêtées par le KGB, et qu’elles protestent, topless, « contre la patriarchie de toutes sortes et contre ceux qui enfreignent les droits des femmes. » Jusque ici mon esprit féministe s’est un peu réveillé et s’est très vite senti concerné par ces discours.

Puis soudain, entre deux beaux discours radicaux, on apprend que Femen est une « source d’inspiration » par une des leurs qui travaille dans un club de strip-tease pour les touristes du sexes, riches et étrangers. « Je ne peux pas utiliser mon intellect pour gagner mon indépendance » dit-elle. Là, une première interrogation vient à mon esprit : Comment peut-on combattre le patriarcat et le tourisme sexuel en Ukraine lorsque l’on fait partie entière de ce système ? Lorsque l’on a un doigt dans l’engrenage ? Est-ce de la totale détresse ou de l’hypocrisie pure et dure ? Ou n’a-t-elle juste pas le choix du tout ?

Ensuite, des anciennes Femen nous expliquent qu’elles ont été écarté de l’association car elles n’avaient pas selon leurs dires « le corps qu’il fallait ». On apprend au cours de l’interview que Femen utilise uniquement des « belles filles » pour promouvoir la marque, comme une stratégie marketing. Enfin, une femme qui ne rentre pas dans les critères sociaux de beauté féminine apparaît à l’écran, et se confie avec une voix tremblante et beaucoup d’hésitation : « Femen utilise une femme ‘énorme’ comme moi uniquement pour les manifestations absurdes, atypiques, ou parce qu’ils ont besoin de se moquer de quelque chose. »

De vous à moi, arriver jusqu’ici je commence à être fortement choquée. Les féministes ne luttent-elles pas contre cette image de femme parfaite, objet sexuel de toutes les convoitises masculines ? Ne sommes nous pas censés défendre tous les corps, toutes les femmes, tous les physiques, contre les idées normées sociales de la Barbie blonde siliconée ?

J’ai vite été stoppée dans mon questionnement intérieur, lorsque j’ai vu apparaître sur l’écran un de leur shoot photographique promotionnel avec une Femen nue, habillée seulement de cuissardes, à quatre pattes, en train de lécher de la chantilly sur un gâteau. C’en était trop. Je me suis avancé de l’écran et fine énervée ai posé mon menton contre mes deux poings en attendant la suite, assez perplexe je dois dire.

Après ces plans vidéos très sympathiques et qui ne rentrent pas du tout en opposition avec, et ma personnalité féministe, et mon métier de photographe, nous apprenons de l’une des créatrices de Femen, Anna Hutsol, que l’association reçoit ‘énormément’ de dons caritatifs d’inconnus qui ‘apparaissent’ sur le compte bancaire. « Des fans ». Bon, ce n’est pas moi qui vais critiquer leur rémunération. Sauf lorsque j’apprend que ces fans sont à 90% des hommes, qui soutiennent Femen oui, parce qu’elles sont belles, parce qu’elles sont nues. Mais aussi, et tenez vous bien, « parce que la majorité des humains sur cette planète sont des hommes, forcément les Femen sont majoritairement soutenues par la majorité. » Hum… à ce stade je ne dis plus rien, j’encaisse.

Et là je suis sur le point de faire une syncope devant mon écran, lorsqu’un homme qui apparaît, d’abord avec un masque de lapin, puis sans, nous dit devant caméra :

« Les filles sont faibles, elles n’ont pas de caractère, elles n’ont aucun désir d’être fortes. Elles sont soumises, n’ont aucun cran, aucune ponctualité, et bien d’autres facteurs qui les empêchent de devenir des activistes politiques. »

Cet homme se nomme Victor. Nous l’avions déjà croisé plus tôt, en train d’ordonner les directives d’une manifestions à Inna Shevchenko. De lui ordonner les slogans à écrire sur sa poitrine, ainsi que les slogans exacts à crier dans la rue. Nous le retrouverons plus loin dans le documentaire en train de crier, réprimander, insulter les filles après une manifestation ratée, et rappeler que c’est lui ‘le chef’, que ce sont ça ‘les règles’.

Nous comprenons très vite que cet homme est lié de près à l’étude sur la politique et l’économie. On comprend surtout que c’est lui à l’origine de Femen, aux côtés de Anna Hutsol. Lors de son interview, il nous explique que sans ‘son influence’, jamais Femen n’aurait existé. Que finalement,  même si il a formé ce groupe probablement influencé par la volonté de vouloir facilement coucher avec des femmes, il n’est lui aussi qu’un produit du système. Qu’il est (en souriant de biais) « le patriarche dans un mouvement qui lutte contre la patriarchie. » Qu’il est « le père du nouveau féminisme. »

Si vous vous posez la question, oui, les Femen se justifient. Et attention pour les coeurs comme le miens sensibles. Elles se justifient par « la loi » qui régit notre société et qui est : « les hommes mènent les femmes. »

« Les femmes ont donc le besoin d’être sous le contrôle de l’homme. » Du moins c’est ce qu’elles ont cru au début. Que dans cette société là, elles n’auraient jamais pu émerger sans lui. Qu’elles « n’y seraient jamais arrivées d’elles-mêmes ». Que comme pour le syndrome de Stockholm, « elles dépendent de lui psychologiquement, sans vraiment savoir pourquoi. » Alexandra Chevtchenko se compare même à une femme battue qui reste avec son mari alcoolique. Comme d’être « habituée à l’esclavage. »

Le documentaire se termine avec Inna Shevchenko qui dit que « cela va bientôt prendre fin ». On espère fortement pour vous les girls !

Alors, petit 1. Une association de féministes qui luttent pour leurs indépendances créée et dirigée par un homme qui n’est pas féministe du tout, qui est l’exemple même du patriarche qui veut diriger les femmes. Petit 2. Un des mouvements féministes le plus connu dans le monde financé en masse par des hommes qui se tripotent la nouilles devant les seins nus de nos activistes très sévèrement triées sur le volet selon leurs physiques.

Bon, la petit Chatte au Miel que je suis ne juge pas, ne jugera jamais, car personne n’est suffisamment parfait pour juger qui que ce soit. En revanche, cela à vraiment soulevé énormément de questions dans ma petite tête sur le plan de mes convictions féministes :

« Est-ce qu’un groupe féministe créé par un homme patriarche dans le but d’avoir des rapports sexuels est encore aujourd’hui légitime ? Comment peut-on « lutter contre la patriarchie de toutes sortes » et baisser la tête devant un homme qui nous réprimande, après s’être fait tabassée et maltraitée par les policiers ukrainiens pour nos « convictions » ? Pourquoi manifester pour l’indépendance de la Femme avec un grand F, et imposer des critères physiques pour intégrer le mouvement ? Pourquoi plonger tout entière dans l’océan de l’argent, du business, et du patriarcat en défendant des idées opposées, puisque c’est bien cela que l’on défend ici non ? Un bordel est bien en corrélation direct avec la patriarchie et l’argent ? »

Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas encore trouver toutes les réponses à mes questions mais je peux vous dire une chose : apparemment, l’argent fait vraiment faire n’importe quoi, n’importe comment, même à la plus forcenée des féministes, malheureusement.

Bisous sur la fesse droite 😉

 

Hello to all my pussies and my little kitties, it’s been a long time! 😉

Today, I take my keyboard to write on a subject a little more serious and less personal than usual. Today, I will talk about what has aroused me and led me to a rather dense reflection I have to say. A reflection which I would like to share and debate with you at this time.

A few days ago, I watched a documentary on Netflix: « Ukraine Is Not a Brothel », directed by Kitty Green in 2013. You would have guessed it, a documentary about the mythical feminist group: Femen.

-> Small remake for those who are disconnected from the planet Earth and who have never heard of it: Femen is a radical feminist group, of Ukrainian origin, founded in Kiev in 2008 by Anna Hutsol, Oksana Chatchko and Alexandra Shevchenko. It’s currently represented in 8 countries through the famous Inna Shevchenko. They organize many militant actions, topless, with slogans written on their bodies and crowns of flowers on their heads. Their struggle is committed to a complete victory over patriarchy.

To tell you the truth, I wasn’t very enthusiastic about it. I studied the Femen movement for several months, especially when I was at the Fine Arts School, so I didn’t think I had much to learn from them. I thought I’d ‘done the trick’. Then, it’s not as if I really found myself in their very (possibly too much?) radical, feminist manifestations, pointing their perfect, and naked, breasts and screaming wherever they liked in English or Ukrainian, things to which I did not always understand much and which did not necessarily make sense in my ears.

Whatever, I started.

The first few minutes are quite ordinary. We learn that feminism doesn’t exist in Ukraine, that some of them have already been arrested by the KGB, and that they protest, topless, « against patriarchy of all kinds and against those who violate the rights of women ». So far my feminist spirit has woken up a little and quickly felt concerned by these speeches.

Then suddenly, between two beautiful radical speeches, we learn that Femen is a « source of inspiration » by one of them who works in a strip club for sex tourists, rich, and foreign. « I cannot use my intellect to win my independence », she said. Here, a first question comes to my mind: How can patriarchy and sex tourism in Ukraine be tackled when we are an integral part of this system? When you have a finger in the gear? Is it total distress or hypocrisy, pure and hard? Or does she just have no choice at all?

Then, old Femen tell us that they were removed from the association because they did not, according to them, have « the body needed ». It is learned during the interview that Femen uses only « beautiful girls » to promote the brand, as a marketing strategy. Finally, a woman who does not fit the social criteria of female beauty appears on the screen, and confides with a trembling voice and a great deal of hesitation: « Femen uses a ‘huge’ woman like me only for absurd manifestations, atypical, or because they need to make fun of something ».

From you to me, to arrive so far I begin to be strongly shocked. Feminists do not struggle against this image of a perfect woman, the sexual object of all male lusts? Are we not supposed to defend all the bodies, all the women, all the physical, against the socialized ideas of the silicone blonde Barbie?

I was quickly stopped in my inner questioning when I saw on the screen one of their promotional photographic shoots with a naked Femen, dressed only in boots, on all fours, licking Chantilly on a cake. It was too much. I advanced towards the screen and edged my chin against my two fists while waiting for the sequel, quite puzzled, I have to say.

After these very nice video plans which are not at all in opposition to my feminist personality and my profession as a photographer, we learn from one of Femen’s creators, Anna Hutsol, that the association receives ‘enormously’ from charitable donations of unknowns who ‘appear’ on the bank account. « Fans ». Well, I’m not going to criticize how they pay. Except, when I learn that these fans are almost 90% of men, who support Femen, ‘yes’, because they are beautiful, because they are naked. But also, and hold fast, « because the majority of humans on this planet are men, necessarily Femen are majority supported by the majority ». Hum … at this point I do not say anything anymore, I take it on the chin.

And there I am about to make a syncope in front of my screen, when a man appeared, first with a rabbit mask and then without, tells us in front of the camera:

« The girls are weak, they have no character, they have no desire to be strong. They are submissive, have no guts, no punctuality, and many other factors that prevent them from becoming political activists ».

This man is called Victor. We had already met him earlier, ordering the directives of a demonstration at Inna Shevchenko. To order her slogans to write on her chest, as well as the exact slogans to shout on the street. We find him later in the documentary shouting, scolding, insulting the girls after a failed demonstration, and remember that it is him ‘the chief’, that these are ‘rules’.

We soon realize that this man is closely connected with the study of politics and economics. One understands especially that it is him at the origin of Femen, alongside Anna Hutsol. During his interview, he explains that without « his influence », Femen would never have existed. That ultimately, even though he formed this group, probably influenced by the desire to easily sleep with women, it is also only a product of the system. That he is (smiling bias) « the patriarch in a movement that fights against patriarchy ». That he is « the father of the new feminism ».

If you ask yourself, yes, the Femen are justified themselves. And watch out for hearts like mine –  sensitive. They are justified by the « law » that governs our society and which is: « Men lead women ».

« Women, therefore, need to be under the control of man ». At least that’s what they thought at first. In this society, they could never have emerged without him. They « would never have done it by themselves ». As with the Stockholm Syndrome, « they depend on him psychologically, without really knowing why ». Alexandra Shevchenko compares herself to a battered woman who stays with her alcoholic husband. Like being « used to slavery ».

The documentary ends with Inna Shevchenko who says that « it will soon end ». We strongly hope for you girls!

So, point 1. An association of feminists struggling for their independence created and led by a man who is not feminist at all, which is the very exemplary of the patriarch who wants to lead women.

Point 2. One of the most famous feminist movements in the world, funded in large numbers by men who play their noodles in front of the bare breasts of our activists, who are very carefully selected according to their physical characteristics.

Well, as the little Honey Pussy, I don’t judge, will never judge, no one is perfect enough to judge anyone. On the other hand, this has really raised a lot of questions in my small head in terms of my feminist beliefs:

“Is a feminist group created by a patriarchal man for the purpose of having sex still legitimate today? How can we “fight patriarchy of all kinds” and bow our heads before a man who reprimands us after being beaten and mistreated by the Ukrainian police for our « convictions »? Why manifest for the independence of the Woman with a big F, and impose physical criteria to integrate the movement? Why immerse ourselves entirely in the ocean of money, business, and patriarchy in defending opposing ideas? Is a brothel in direct correlation with patriarchy and money?

I’m not going to lie to you, I have not yet found all the answers to my questions but I can tell you one thing: money really can do anything apparently, no matter what, even towards the most furious of feminists, unfortunately.

Kisses on the right buttock 😉

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